“Elke dag sta ik op en ga ik slapen, wetend dat er nog steeds een stukje tumor in mijn hoofd zit.”
Griet s’est bien remise d’un astrocytome, mais vit depuis sept ans avec une tumeur résiduelle qui pourrait, un jour, recommencer à grandir.
Nom: Griet Lambrecht
Age: 37 ans
Domicile: Tielt
Quand et comment avez-vous découvert que vous aviez une tumeur cérébrale ?
"Depuis plusieurs mois, ma mâchoire se bloquait parfois lorsque je parlais. Le 1er septembre 2018, vers six heures du matin, j’ai fait une crise d’épilepsie alors que notre petit garçon de trois ans dormait avec nous. Notre fille de cinq ans était dans son lit, prête pour son premier jour d’école. Peu après, une seconde crise a suivi. Ma bouche s’est déformée et j’ai immédiatement pensé à une hémorragie cérébrale. L’ambulance m’a conduite à l’hôpital, où j’ai de nouveau fait une crise épileptique. Le soir même, je me suis rendue chez le neurologue avec mon mari et mon père. Le diagnostic a été un véritable choc : une tumeur cérébrale, la dernière chose à laquelle je m’attendais. À ce moment-là, j’ai versé mes premières, et aussi mes dernières larmes."
Comment s’est déroulé le traitement ?
"Douze jours plus tard, j’ai été opérée d’un astrocytome, une tumeur qui provoque une prolifération incontrôlée du tissu de soutien du cerveau. Il s’agissait d’une tumeur de grade 2 à croissance lente. Comme elle se situait à proximité immédiate des zones cérébrales responsables de la parole, le chirurgien n’a pas pu la retirer complètement, au risque que je perde la capacité de parler. Un petit fragment est donc resté, imbriqué dans le tissu cérébral. Ce tissu résiduel a été traité par trente séances de radiothérapie sur six semaines, afin d’en stopper l’activité et d’éviter toute progression. S’en est suivie une période de repos, puis neuf mois de chimiothérapie."
La rééducation était-elle indispensable ?
"Les médecins ont rapidement établi un bilan clair : un an de traitement serait nécessaire, suivi d’une année de repos. J’étais convaincue que, pour moi, les choses iraient plus vite, mais les médecins avaient parfaitement raison. La récupération consistait principalement à me reposer à domicile et à reprendre progressivement des forces. J’avais prévu de faire beaucoup de choses pendant cette période, comme créer des albums photo, mais rien de tout cela n’a été possible. Le repos était tout ce que j’étais capable de faire. J’ai reçu énormément de soutien de ma famille. Mon mari a porté notre famille à bout de bras, ma maman m’a aidée pour les tâches pratiques comme les courses et les repas. Mon oncle était mon chauffeur attitré pour me rendre à la clinique, et ma sœur, médecin du travail, suivait mon dossier médical de près. Pour le reste, je ressentais peu le besoin de partager mon parcours avec d’autres. Avec eux, je voulais simplement être Griet."
Comment votre employeur a-t-il réagi ?
"À l’époque, je travaillais depuis six ans chez Danis, une entreprise familiale ouest-flandrienne active dans le secteur agricole. J’ai d’abord été en incapacité de travail pendant trois mois, période prolongée à neuf mois, puis à deux ans. Dès le début, j’ai été très transparente avec mon employeur et nous sommes restés en contact chaque mois durant ces deux années. Cela a créé un climat de confiance et de compréhension. Le 4 septembre 2020, exactement deux ans après la crise, j’ai repris le travail selon un parcours progressif : d’abord à 30 %, puis à 50 %, avant de revenir à 100 %, rythme que je maintiens encore aujourd’hui. Ce trajet de reprise progressive a été crucial pour retrouver mon rythme, tant physique que mental. Non seulement mon corps, mais aussi mon cerveau devaient être réentraînés. Entre-temps, ma fonction initiale avait été reprise par quelqu’un d’autre, mais j’ai pu intégrer une autre division de l’entreprise. Reprendre le travail était très important pour moi, mais aussi pour ma famille. Je voulais montrer le bon exemple à mes enfants et leur transmettre l’idée qu’il faut travailler pour avancer dans la vie. Je tiens toutefois à souligner qu’il faut que cela soit possible, tant physiquement que mentalement. Dans mon cas, c’était heureusement le cas."
Comment la tumeur cérébrale a-t-elle changé votre quotidien ?
"Je n’ai conservé aucune séquelle de l’intervention, mais chaque jour, je me lève et je me couche en sachant qu’il reste toujours un fragment de tumeur dans ma tête. Les médicaments antiépileptiques que je prends matin et soir me le rappellent quotidiennement. Les contrôles semestriels sont également très lourds émotionnellement. Je les planifie toujours fin juin et fin décembre, afin de pouvoir partir en vacances l’esprit tranquille. Il est impossible de prédire quand la tumeur recommencera à évoluer. En cas de tumeur cérébrale, il n’existe pas de valeurs sanguines à surveiller ; les médecins ne peuvent que comparer les imageries successives pour détecter d’éventuels changements. Mais un jour, la tumeur devra à nouveau être opérée. Heureusement, nous disposons en Belgique d’excellents médecins."
Pourquoi avez-vous voulu devenir un visage de cette campagne ?
"Je veux donner du courage et une perspective aux personnes qui traversent une épreuve similaire. Est-ce que quelque chose a changé dans ma vie depuis le 1er septembre 2018 ? Certainement. Est-ce que ma vie est devenue meilleure ou pire ? Je ne le sais pas. Cela m’est arrivé, et j’ai dû continuer. Chacun porte sa propre croix. J’ai choisi d’accepter ce qui est, de continuer à avancer avec un regard positif et de profiter consciemment des moments qui comptent vraiment."
… de continuer à avancer et de poursuivre une vie aussi normale que possible. Et de saisir toutes les opportunités.
À propos de la campagne
Cette campagne donne une voix à des personnes qui se battent chaque jour pour continuer à faire partie de la vie. Pas pour susciter la pitié, mais pour demander de la compréhension.
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